Bayouna ; Gloire et Déchéance de la Dounyazad Algérienne

Jamouli Ouzidane 

« La méchanceté suppose une détermination morale, une intention et une certaine réflexion. L’imbécile, ou la brute ne s’attarde pas à réfléchir ou à raisonner. Il agit par instinct, comme un bœuf de labour, convaincu qu’il fait le bien, qu’il a toujours raison, et fier d’emmerder, sauf votre respect, tout ce qu’il voit différer de lui, que ce soit par la couleur, la croyance, la langue, la nationalité ou, la manière de se distraire. », L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón

Biyouna, de son vrai nom Baya Bouzar est née dans le quartier algérois de Belcour le 13 septembre 1952. D’autres sources nous disent en 1954 en pleine guerre d’Algérie. Elle est née dans une famille modeste. Sa mère vendait des billets dans le théâtre algérois « le Dounyazad ». Sa sœur, Leila Djazaria, était une célèbre chanteuse qui avait dansé pour Farid El Attrach dans les films « lahn houbi » et « ayza tagawaz ».

Notre Bayouna nationale, Notre Douyazad algérienne était une artiste complète et rare dans la scène algérienne. Elle était en effet chanteuse, danseuse et actrice de théâtre et aussi de cinéma. Elle passe toujours d’un art à un autre avec aisance.

Elle avait cette singularité ; sa pleine gorge dont elle parlait avec fierté ; « Ma gueule, c’est mon fonds de commerce« .

Elle a commencé tôt dans le chant avec la prestigieuse troupe de Fadela Dziria, ensuite, elle crée une troupe avec son ami Flifla, et finalement, elle crée sa propre troupe pour des fêtes de mariages. Elle a aussi dansé au Copacabana très jeune.

Bayouna commença sa carrière de cinéma grâce à Mustapha Badie dans le rôle de Fatma, dans La Grande Maison (1973) de Mohamed Dib. Ensuite, sa carrière prend de l’élan ; Leila et les autres de Sid Ali Mazi en 1978, La Voisine de Ghaouti Bendedouche en 2000, Le Harem de madame Osmane en 1999 où elle joue le rôle de Meriem, Viva Laldjérie en 2003…

Elle revient ensuite à la chanson ; en 2001, l’album Raid Zone avec le compositeur John Bagnolett, participation au spectacle de Fellag Opéra d’Casbah, une Blonde dans la casbah.  Elle revient à la TV en 2002 avec Nass Mlah City. Elle revient encore au Cinéma ; en France dans le filme de Nadir Moknèche, Délice Paloma dans le rôle de madame Aldjeria. En 2007 elle a un petit rôle dans Rendez-vous avec le destin. Début 2009, elle joue La Célestine au Vingtième Théâtre (Paris XXe).

En janvier 2012, Bayouna fait son apparition de femme libre chez Laurent Ruquier dans On n’est pas couché. Cette apparition va lui couter toute sa réputation. On ne lui pardonne pas d’être une femme libre et reconnue dans la scène internationale. Des personnes occultent se mirent à la diffamer en anonymes dans les réseaux sociaux et une haine populiste va être fabriquée et instrumentalisée par les médias au service d’un pouvoir occulte pour des raisons occultes.

Toutefois, le peuple algérien de l’Algérie profonde reste fidèle à cette femme artiste qui a consacré toute sa vie à l’art et qui a tant égayé les familles algériennes avec sa grande gueule. Fatma est rentrée dans l’histoire de l’Algérie profonde ! C’est la grande gueule de Bayouna qui a fait sa gloire et sa déchéance dans une culture de pudeur où la femme doit rester dans un cadre bien défini pour elle. Mais Bayouna ne va pas se taire ; elle s’est tue pendant des millénaires et elle ne va pas raconter des histoires magiques des mille et une nuit comme Shéhérazade la soumise et la prisonnière du roi. Dounyazad a décidé de parler et d’assumer avec courage sa liberté, ses désirs et ses ambitions avec une grande gueule …

Filmographie
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Cinéma

1978 : Leïla et les autres de Sid Ali Mazi
2000 : La Voisine de Ghaouti Bendedouche
2000 : Le Harem de Madame Osmane de Nadir Moknèche
2004 : Viva Laldjérie de Nadir Moknèche
2006 : Beur Blanc Rouge de Mahmoud Zemmouri
2007 : Délice Paloma de Nadir Moknèche
2010 : Il reste du jambon ? d’Anne De Petrini
2010 : Holiday de Guillaume Nicloux
2011 : La Source des femmes de Radu Mihaileanu, en sélection au festival de Cannes
2011 : Beur sur la ville de Djamel Bensalah

Télévision

1973 : La Grande Maison de Mustapha Badie
2002-2005 : Nass Mlah City de Djaafar Gacem
2004 : Nass Mlah City 2 de Djaafar Gacem
2005 : Nass Mlah City 3 de Djaafar Gacem
2005 : Rue des Figuiers de Yasmina Yahiaoui
2007 : La Commune de Philippe Triboit (série télévisée)
2009 : Aïcha de Yamina Benguigui
2010 : Garçon manqué de David Delrieux
2010 : Nsibti Laziza
2011 : Aïcha : job à tout prix de Yamina Benguigui
2011 : Aïcha : la grande débrouille de Yamina Benguigui
2012 : Aïcha : Vacances infernales de Yamina Benguigui
2012 : La Baie d’Alger de Merzak Allouache

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