Les présidentielles 2014 algériennes noyées dans le tintamarre des nouveaux médias Algériens ?

« La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés », Antonio Gramsci 

« Ce n’est pas la révolte en elle-même qui est noble, mais ce qu’elle exige. », Albert Camus.

« Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau. », Antoine de Saint-Just.

 

Jamouli Ouzidane

 

Du Vide au Trop Plein 

Avant, le champs médiatique était occupé par l’unique média, celui du Pourvoir ; la fameuse RTA et le fameux Moudjahid. Ensuite, on fut immergé par de nouveaux journaux de la période noire qui demandaient la liberté mais qui croulaient sous les feux du pouvoir pour pouvoir survire avec la publicité et les subventions cachées du pouvoir.

Avec la venue de l’internet et maintenant des médias sociaux, on fut alors submergé par une floraison d’herbes sauvages virales et de bruits de fond assourdissants qui font de l’ombre au message sensé d’une pensée éthérée.

De Rien on se retrouve noyé dans un Tout qui est aussi pire car on ne s’entend plus parler ou plutôt on entend vociférer que ceux qui ont l’argent (du pouvoir) pour acheter plus de voies dans Facebook, Twitter et Google et donner l’impression d’une nouvelle crue High-Tech et branché dans la révolution ! Le pouvoir a une grande capacité d’adaptation !

Entre la pensée, la parole et le bruit 

Bien sûr une société saine a le devoir plus que le droit à la pensée et à l’expression bio-diverse pour évoluer. Mais, quand ces médias se transforment en juge qui maudit l’obscurité et non en critique scientifique qui améliore l’imperfection, qui divertit la masse par le choix de sujets polémiques au lieu d’objets de pensée importants pour la société, et qui médiatise un courant pour influer sur l’insignifiant et en ignorant un autre acteur de la société, alors, on dit on leur demande courtoisement non pas de se taire mais d’abaisser le volume par pudeur.

Le bruit ne fait pas une symphonie ; tout l’art des ondes est de choisir des silences entre les notes !

Non seulement ils font du tintamarre, mais ils demandent aux autres voies de se taire. Dommage pour ceux qui se disent les chantres de la liberté d’expression qui commence par la défense de celle des autres en dehors de qui a raison et qui a tord car la raison (mathématique par essence) est incomplète, indéterminée et incertaine depuis un certain théorème d’incomplétude de Gödel qui a mis fin a toute vérité des sciences exactes et encore moins des sciences sociales ou à fortiori dans le discursif du bel usage de la belle langue française !

Une langue devenue plus un fardeau qu’un butin avec sa culture francophile des nouveaux intellectuels faussaires à qui on plagie notre prose …

Alors, ces médias deviennent dangereux non pas de par ce qu’ils disent qui noircit la vue de l’univers, mais de ce qu’ils ne disent pas, car ils n’ont tout simplement pas encore acquis la maturité de voir du sens voilé et profond dans l’événement !

La fabrication du non-événement ; Baraket à la Rue !

Quand le pourvoir a annoncé les élections de Bouteflika, ils se sont tous plongés dans cette vague contre son élection en tuant la campagne présidentielle car les autres candidats et leurs programmes ont alors été complètement évacués des médias !!!

Voila comment un événement médiatique construit avec juste une seule personne dans la rue et des dizaines de photographes comme par hasard se trouvant dans les lieux (?) pour faire le buzz de la personne emmenée dans un commissariat ! Il n’y a eu ni emprisonnement, ni tortures et ni violences quelconques. Ensuite, quelques dizaines d’opposants dans la rue, et non pas une marée humaine de centaine de milliers d’algériens, mais une superbe machine de guerre de Facebook avec l’achat de 100.000 likes !

Les médias ont aussi tué la voie de 40 millions d’algériens dans toute leur diversité en lui donnant un représentant illégitime de l’opposition et surtout immature et incapable d’affronter un pourvoir félon qui n’a maintenant plus devant lui les vraies institutions algériennes (les syndicats et autres) et les grands dinosaures de l’opposition comme Ait Ahmed, Brahimi, Belhadj ….

Baraket a le devoir plus que le droit d’exister mais dans sa juste mesure ! Il ne doit pas servir d’ombre et de bruit de fond à l’immensité du génie algérien dans toute sa diversité sidérale !

Le débat est ensuite transposé de l’élite à la rue ; ce que refuse la majorité des algériens. Dire que ce mouvement ne peut pas s’exprimer est un mensonge ; il a les journaux, les médias, les réseaux sociaux. Il peut exprimer au peuple ce qu’il veut, sa pensée sur l’avenir de l’Algérie, son programme, ou constituer un mouvement légal. Une révolution n’a jamais été une révolte ! Notre mémoire n’est pas seulement courte de la décennie noire mais aussi aveugle des printemps arabes qui nous entourent !

On ne parle que de lui, on lui donne tous les plateaux de tv et les entrevues pour le faire ridiculiser devant de vieux loups des médias du pouvoir, et le peuple ne parle plus; un représentant non démocratique d’une démocratie ! La nature a horreur du vide ; elle l’occupe par la vacuité. Le pouvoir peut alors devenir dans ce cas légitime car la société est incapable de se prendre en charge que dans l’insignifiance du bruit de la rue !

 

Du Droit contre le 4èm mandat de Bouteflika

Quand on est logique avec soi, il faut l’être jusqu’au bout ; ces mouvements de rues disent être contre Boutef ! OK, mais j’ai pas compris alors ;
1- vous voulez pas de Bouteflika ; pas de problème, votez pas pour lui et votez pour un autre !
2- vous n’aimez pas les autres, ok, faites alors l’abstention !
3- vous ne croyez pas au vote et au système, ok, rentrez dans la politique pour la changer, faites un programme politique et venez vous représenter aux élections pour parler au nom du peuple !
4- de quel droit et légitimité (révolutionnaire, intellectuel, divin ???) vous refusez un candidat au choix des autres algériens en leur enlevant ainsi leurs droits de choix !
5- vous voulez sortir dans la rue pour une révolte, OK, mais ou est votre révolution, votre MANIFESTE de 500 pages ! La rue n’a jamais donné aucune légitimité RÉVOLUTIONNAIRE ou autre de représentation de 40 millions d’algériens. La démocratie exige que vous passez par les élections ??? un grave problème de représentation que vous combattez vous même !
6- vous ne croyez donc ni au système et ni la démocratie; vous êtes le chaos et le pouvoir a la légitimité au moins d’exister, malgré tout, et de vous appliquer ces lois comme tout le monde car si 40 millions d’algériens sortent en même temps que vous pour crier leur propre rage et désirs qui ne sont forcément pas les vôtres,  on avancera jamais !

Vous n’êtes pas consistant et logique avec vous mêmes et ensuite vous avez fait de l’ombre aux autres candidats, aux discussions sur l’avenir de l’Algérie. Vous avez juste éteins la lumière en blasphémant contre l’obscurité et perdre du temps et du temps en tournant en rond et en mordant sa propre queue !

Mon questionnement est simple ; c’est TROP facile de diaboliser l’obscurité et de sortir dans la rue CONTRE le « Pouvoir », mais tellement complexe de nous dire QUELS sont exactement les problèmes du pays et COMMENT EUX ils pensent les résoudre ! 

Quand on se pose des questions que les médias ne veulent pas se poser, on se fait traiter tout de suite de traître du pouvoir, faussaire de la théorie du complot ou élitiste bourgeois ! Quelle culture du dialogue !

Un Média; c’est quoi, pourquoi et comment 

Un média sensé n’est pas uniquement dans ses capacités internet, merci à Google et son SEO, à Facebook et ses Likes, et à Word Press et ses plug-ins. Un média responsable n’est pas du populisme qui caresse le poil de l’électorat dans un patriotisme et nationalisme de hooligan. Un média libre n’est pas l’invective de personnes, mais de leurs idées ! un Média n’est pas j’aime et j’aime pas . Un média est avant tout une pensée qui se mérite !

Un Média doit avoir la capacité intellectuelle grâce à des chroniqueurs de la pensée sensée et non des polémistes de l’audimat insensé. Il doit avoir une vision qui voit loin, juste et vite. Une vision universelle et multidisciplinaire qui nous honore.  Une vision saine capable d’appréhender la complexité systémique du local au global en évitant la réduction simpliste de la diabolisation et la divinisation qui nous dispense de réfléchir.

Les nouveaux médias algériens arrivés dans la sphère médiatique ces 5 dernières années,  merci à facebook, word press et ses plug-ins et quelques bienfaiteurs sponsors pour la publicité d’ailleurs du pouvoir qu’ils nous disent abhorrer,  veulent remplir  le vide laissé dans la sphère sociale algérienne jusqu’au débordement ; un bruit pour assourdir la majesté du silence ou des herbes sauvages pour tuer les fleurs …

ils deviennent ainsi  par sublimation virtuelle;

– des imams de la vertu qui envoient au bûcher des infidèles en prêchant une nouvelle vertu ; l’impudeur de faire du bruit à la pensée et de tuer ainsi tout ce qui peut naître de génie de pensée pour cette génération. Ainsi, un majestueux Nabhani Koribaa est inexistant devant un facebookiste à 100.00 Likes …

– des intellectuels super star de la vérité sans passer leurs examens à  l’université, sans faire de thèses, sans membre de jury, et sans aucune publication internationale reconnue…

– des sociologues, psychologues et psychanalytiques qui analysent la société algérienne dans leur complexité anthropologique historique.

Leur analyse est du pur jugement réducteur.  On peut critiquer l’objet sans toucher à la dignité du sujet. Le jugement des autres est un jeu pervers qui implique forcément une divinisation de soi et une diabolisation de l’autre ; ceci réduit la pensée qui est complexe dans le discursive.

Qui est la source et l’embouchure de la vérité et de la vertu pour oser parler en son nom ?

Avant, il fallait 50 ans à veiller tard la nuit devant la bougie pour oser dire savoir et avoir ses ouvrages dans la bibliothèque et dans les écoles pour être enfin reconnus. Maintenant, blasphémez le pouvoir algérien pour avoir un buzz et vous êtes une super star !

Les médias en ligne algériens ont uniquement 5 années d’existence, donnons leur le temps de la maturité au-delà du bruit médiatique et de l’audimat présent qui est là juste par soif de savoir ce qui se passe dans notre pays … malheureusement on l’abreuve de débilité pendant que dans ce nouveau millénaire le reste du monde bouge sans pitié dans les technologies, les sciences, les libertés, les start-ups, les entreprises…

Ce n’est pas en occupant la première place dans facebook avec la pub qu’on restera  dans le champ médiatique en attendant que de nouveaux médias s’installent et ramènent avec eux toute la pensée significative du vrai génie algérien qui nous honore à l’international ; celui des Ahmed Bensaada, Ahmed Halfaoui, Fida Darkoub, Abdelouahab Mokhbi … et bien d’autres illustres inconnus qui sont invisibles à cause des néons médiatiques qui éblouissent notre vue et leur font de l’ombre !

Gardons l’espoir et le rêve d’avoir une presse qui nous honore, nous illumine et nous redonne confiance dans le  génie historique de ce peuple que nous aimons, mais savoir aimer exige de la sueur, de la sensualité et beaucoup de bon sens !

Jamouli Ouzidane 

J’ai un rêve d’avoir une jeunesse magnifique comme cela en Algérie capable de tenir tête ;

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